L’allergie alimentaire est encore bien mal comprise et trop nombreux sont ceux et celles qui persistent à en minimiser les conséquences, au grand désarroi des personnes qui en souffrent. Si l’état des connaissances dans ce domaine est en constante évolution, l’on en sait suffisamment pour dissiper certains mythes qui ont la vie dure… et qui font la vie dure à plusieurs d’entre nous!
L’allergie alimentaire est liée à un dérèglement du système immunitaire; cela n’a rien d’un caprice! En fait, les allergologues reconnaissent aujourd’hui que le refus, par un jeune enfant, de consommer un aliment dès son introduction dans son alimentation peut être un signe d’allergie à celui-ci, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un enfant à risque.
Une autre version de ce mythe veut que l’allergie alimentaire chez le jeune enfant soit le reflet de la trop grande nervosité des parents. Ces affirmations sont dénuées de tout fondement et témoignent d’une méconnaissance profonde du mécanisme de l’allergie alimentaire.
Statistiquement parlant, il est vrai que l’arachide est l’allergène alimentaire qui fait le plus de ravages. Il ne s’agit cependant pas du seul aliment susceptible de provoquer des réactions allergiques sévères. Des réactions anaphylactiques ont notamment été rapportées par suite de l’exposition à des protéines de noix, d’œuf, de lait, de poisson, de crustacés, de mollusques, de soya, de graine de sésame, de moutarde, de kiwi et d’ail. Et cette liste est loin d’être exhaustive! En réalité, les allergies alimentaires sont imprévisibles et, peu importe l’aliment déclencheur, mieux vaut ne jamais relâcher sa vigilance.
Non seulement cette façon de voir est-elle erronée, mais elle peut avoir des conséquences dramatiques! Il n’existe, à l’heure actuelle, aucune méthode connue permettant de désensibiliser les personnes qui souffrent d’une allergie alimentaire. Des tentatives de désensibilisation, effectuées sous contrôle médical, ont dû être abandonnées parce qu’elles avaient été jugées trop dangereuses.
C’est faux, bien sûr. L’ingestion d’une trace de l’allergène peut suffire à causer une réaction allergique grave. Chez les personnes les plus sensibles, un simple contact cutané avec l’aliment déclencheur, voire son odeur, peut provoquer une réaction.
Auteure: Marie-Josée Bettez
Source: extrait du livre Déjouer les allergies alimentaires, recettes et trouvailles
Date: 2002
À propos de l'auteure :
Marie-Josée Bettez est avocate, entrepreneure et, surtout, mère d'un enfant allergique à de multiples aliments. Elle a signé deux ouvrages sur les allergies alimentaires, donné plusieurs ateliers et conférences sur le sujet en plus de s'impliquer auprès de diverses organisations oeuvrant dans ce domaine.
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