sans :

Rentrée scolaire (prise deux)

Il y a un an, mon amoureux et moi préparions avec fébrilité l'entrée à la maternelle de notre petit bonhomme, allergique à de nombreux aliments. Après moult démarches préliminaires, y compris des rencontres avec la directrice, l’infirmière scolaire, les enseignantes et la responsable du service de garde afin d’identifier les mesures nécessaires pour réduire les risques de réactions allergiques, nous nous sentions, jusqu’à un certain point, rassurés.

La première journée d’école fut malgré tout assez éprouvante… pour les parents bien plus que pour l’enfant! L’école parviendrait-elle à relever le défi? Saurait-elle protéger notre fils sans le marginaliser?

L’école fut effectivement à la hauteur cette première journée et toutes celles qui ont suivi. Les enseignantes et les éducateurs du service de garde ont fait preuve de générosité, de vigilance et de doigté. Bilan: notre fils n'a eu aucune réaction allergique pendant l’année scolaire tout en étant parfaitement intégré au groupe. Un merveilleux succès!

poule-tenant-poussin-2.gif

Il faut dire aussi que nous nous sommes impliqués à fond pendant toute l’année scolaire pour faciliter la tâche du personnel : nous avons proposé une liste de suggestions de collations ne contenant pas les allergènes proscrits (laquelle liste fut ensuite remise, par l’école, aux autres parents), remplacé les cartons de lait de vache utilisés pour le bricolage par des cartons de boisson de soya, accompagné la classe à titre de parents bénévoles lors des sorties, proposé des alternatives non alimentaires lors de certaines activités, etc. Je me souviens avec plaisir de ce buffet d’Halloween (sans produits laitiers, œufs, noix, arachides, etc.) que nous avions préparé pour la classe de notre fils : cervelle de sorcière, crottes de chauve-souris, yeux de monstres et jus de limace…

Cette année? Suite à un déménagement, mon fils fera sa première année dans une nouvelle école. Tout est donc à recommencer!

J’exagère un peu. Cette nouvelle école a son propre protocole en matière d’allergies alimentaires ce qui facilite les choses. En fait, nous avons été favorablement impressionnés par les mesures déjà mises en place pour répondre aux besoins des élèves allergiques (dont le nombre, faut-il le préciser, va toujours en augmentant). Chacun des intervenants contactés a fait preuve de compréhension et d’un très bon esprit de collaboration. Sans compter que nous sommes, nous-mêmes, plus aguerris.

Nous sommes donc confiants sans être naïfs. L’expérience de la dernière année nous a, en en effet, enseigné au moins deux leçons.

deux-poussins-2.gif Premièrement, que peu importe les dispositions prises, les dérapages sont presque inévitables (un membre du personnel qui offre un berlingot de lait de vache à un enfant qui y est allergique par exemple). D’où la nécessité d’impliquer l’enfant à plein, dès son plus jeune âge, dans la gestion de ses allergies. Il doit pouvoir identifier les aliments auquel il est allergique de même que les conséquences possibles d’une réaction (il faut toutefois éviter de dramatiser la situation) et savoir comment se protéger. Refuser un aliment interdit demande une bonne dose d’assurance pour un jeune enfant, particulièrement lorsque celui-ci lui est offert par un adulte. Mais cela s’apprend!

Deuxièmement, que, comme parents d’enfant ayant des allergies alimentaires, nous devons nous attendre à être confrontés à l’agacement voire à l’agressivité de certains adultes (le plus souvent des parents d’élèves) et ceci, même si les demandes faites pour protéger la santé et, ultimement, la vie de notre enfant sont raisonnables et qu’elles sont présentées avec diplomatie. J’ai lu dans un article récent que l’un des plus grands défis que doivent relever les parents d’enfants ayant des allergies alimentaires est de faire comprendre aux autres ce que ces allergies impliquent. Je suis d’accord. Il est vrai que les gens sont de plus en plus sensibilisés aux problèmes qu’entraînent les allergies alimentaires et que la très grande majorité d’entre eux font preuve de tolérance et de compréhension. Pour le reste, il faut développer une bonne carapace et garder le cap... ce qui n'est pas toujours évident.

Bonne rentrée!


Auteure: Marie-Josée Bettez
Date: août 2004


À propos de l'auteure :
Marie-Josée Bettez est avocate, entrepreneure et, surtout, mère d'un enfant allergique à de multiples aliments. Elle a signé deux ouvrages sur les allergies alimentaires, donné plusieurs ateliers et conférences sur le sujet en plus de s'impliquer auprès de diverses organisations oeuvrant dans ce domaine.


POUR EN SAVOIR PLUS…


Un dossier complet à lire sur ce site : Préparer la rentrée scolaire de l’enfant allergique


Pour les autres dossiers, cliquez ici.



Inscrivez-vous à l'infolettre gratuite