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De l’importance d’un plan d’urgence

La semaine dernière, mon fils a fréquenté un camp artistique de jour. Comme je le fais toujours, j’ai rencontré son professeur avant le camp pour l’aviser des allergies alimentaires (et environnementales tant qu’à y être!) de mon petit bonhomme et lui expliquer la marche à suivre en cas de réaction. Je lui ai remis une fiche d’identification avec une photo de mon fils, la liste de ses allergies et plusieurs informations utiles. J’avais également apporté un auto-injecteur d’essai (donc dépourvu d’aiguille) afin qu’elle puisse s’exercer à administrer l’EpiPen®. Cette rencontre préliminaire n’a pas duré plus d’une dizaine de minutes.

Bien sûr, étant donné le grand nombre d’aliments auxquels mon fils est allergique et la sévérité de ses réactions, je fournis moi-même ses repas et collations (en fait, c’est son père qui est en charge de la préparation de la boîte à lunch…). De plus, mon fils est très responsable. Il n’a jamais tenté de manger un aliment qui ne lui était pas destiné. On appelle cela l’instinct de survie, je crois… Et si un adulte lui offre une friandise, il l’accepte poliment, la met dans son sac à dos sans y goûter et la rapporte à la maison pour que je l’échange contre quelque chose qui ne pose pas de danger pour lui.

Bref, les risques qu’il ait une réaction allergique au camp (ou à l’école) sont très faibles. Néanmoins, quand on a un enfant allergique, il faut toujours être prêt au cas où l’improbable se produise.

Et justement, la semaine dernière, l’improbable s’est produit. En voulant récupérer un objet qui était tombé, mon fils a mis l’avant-bras dans une poubelle (très mauvaise idée, je le sais…) souillée de yaourt. Or, il est fortement allergique aux produits laitiers. Sans attendre, son professeur a nettoyé son bras à grande eau. Des boursouflures sont apparues là où il y avait eu contact avec le yaourt mais elles se sont estompées au bout de quelque temps. La réaction n’a pas progressé.

Pas de quoi en faire un drame, n’est-ce pas? Toutefois, cet incident m’a permis de constater, encore une fois, à quel point le plan d’urgence est nécessaire. Sachant exactement ce qu’il convenait de faire (puisque c’est indiqué sur la fiche d’identification et que nous en avions discuté au préalable) le professeur a agi rapidement et sans s’énerver. Et, quand je suis venue chercher mon fils, elle m’a remercié (pouvez-vous l’imaginer?) de lui avoir remis le plan d’urgence et de lui avoir donné verbalement toutes les précisions nécessaires. « Cela diminue de beaucoup mon stress » m’a-t-elle déclaré. C’est la première fois qu’on me remercie dans pareille circonstance et j’en ai été presque émue!

La fiche d’identification de mon fils contient les informations suivantes : son nom, sa date de naissance, mon nom et celui de son père, notre adresse complète, les numéros de téléphone où on peut nous joindre, les aliments auxquels il est allergique, ses autres allergies (animaux, acariens, etc.), la mention du fait qu’il est asthmatique, diverses consignes (par exemple : « x ne peut manger que les aliments fournis par ses parents ») et la conduite à tenir en cas de réaction allergique. Cette dernière section qui prévoit les médicaments à administrer en fonction de la nature de la réaction ainsi que les gestes à poser a été rédigée en collaboration avec son allergologue. À l’endos de la fiche, se trouve la marche à suivre, en images, pour administrer l’EpiPen®.

Par ailleurs, au fil des années, j’ai réalisé à quel point il est nécessaire de montrer à la personne responsable de mon enfant la façon d’administrer l’EpiPen®. Même ceux et celles qui ont déjà reçu une formation pour les familiariser avec le maniement de l’auto-injecteur ont généralement besoin qu’on leur rafraîchisse un peu la mémoire. Le meilleur outil pour se faire est l’auto-injecteur d’essai. Si vous n’en avez pas, je vous suggère de vous adresser à l’un ou l’autre des organismes à but non lucratif qui oeuvrent dans le domaine des allergies alimentaires pour en obtenir un. Il est également possible de vous procurer un auto-injecteur d’essai auprès de certaines boutiques en ligne spécialisées (voir la section Ressources).

Le plus stressant n’est pas de se préparer (et de préparer les autres) à réagir en cas d’urgence. C’est de ne pas être prêt lorsque le pire se produit.

Auteure: Marie-Josée Bettez
Date: juillet 2005


À propos de l'auteure :
Marie-Josée Bettez est avocate, entrepreneure et, surtout, mère d'un enfant allergique à de multiples aliments. Elle a signé deux ouvrages sur les allergies alimentaires, donné plusieurs ateliers et conférences sur le sujet en plus de s'impliquer auprès de diverses organisations oeuvrant dans ce domaine.


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