(Le texte qui suit est tiré du livre Desserts et autres gourmandises sucrées, sans oeuf, lait, arachide et noix )
J’ai un aveu à vous faire.
Bien que j’en sois à mon deuxième livre de recettes, je ne suis pas une cuisinière-née. C’est tout le contraire en fait. Oh, j’ai toujours aimé les mets savoureux et les repas festifs. Mais à titre de convive plutôt que de chef aux fourneaux! Étudiante, j’avais tout de même mis au point quelques honnêtes spécialités (le gâteau aux bananes et les cuisses de grenouille au beurre à l’ail, entre autres) mais, je dois l’admettre, mon répertoire culinaire manquait terriblement de diversité.
J’ai commencé à cuisiner pour de vrai par amour. Un blond aux yeux bleus avec un visage angélique et un sourire ravageur. Comment ne pas craquer?
L’aventure a débuté en 1998, l’année de la naissance de mon petit prince charmant. Christophe, mon fils, était dodu, rose et glouton. Rien ne laissait présager d’éventuels troubles alimentaires. Et pourtant! Ses premières allergies (le lait et l’orge) se sont manifestées alors qu’il n’avait que quatre mois. Ce furent ensuite la banane et le kiwi. Et puis le riz, la moutarde, l’œuf, l’arachide, les noix, la graine de sésame… la liste est longue et je vous en fais grâce. Il suffit de dire qu’à 7 ans, Christophe est toujours allergique à plus d’une vingtaine d’aliments.
Au fil des mois et des années, Éric (le papa) et moi avons appris à cuisiner en dépit d’importantes restrictions alimentaires. Un véritable chemin de Damas que nous avons décrit plus en détail dans un livre, Déjouer les allergies alimentaires, recettes et trouvailles, publié chez Québec Amérique en 2002. Notre objectif, en rédigeant ce premier ouvrage, était d’en faire un outil de référence aussi complet que possible. Des recettes et des menus, bien sûr, mais aussi une foule d’informations sur les allergies alimentaires. L’accueil réservé à Déjouer les allergies alimentaires, tant par les médias que par le public, a dépassé nos espérances. Et, encore aujourd’hui, Éric et moi recevons des témoignages touchants de lecteurs et de lectrices, parents d’enfants allergiques, dont le parcours ressemble beaucoup au nôtre.
Quelque temps après la parution de Déjouer les allergies alimentaires, on m’a demandé si j’allais continuer à développer et à réaliser de nouveaux plats. «Mais bien sûr, ai-je répondu, la vie continue et notre appétit n’a pas diminué!»
Et c’est ainsi que l’ouvrage que vous tenez entre vos mains est venu au monde : petit à petit, recette après recette. À force, encore une fois, d’expérimentations, de préparations tout juste bonnes à jeter à la poubelle et d’heureuses trouvailles. Cette fois-ci, j’ai décidé de m’attaquer plus spécifiquement aux desserts et aux friandises. Lorsque les œufs et les produits laitiers nous sont interdits, ce sont, en effet, les plats sucrés qui posent les plus grands défis. Les recettes que je vous propose sont éprouvées et, comme toujours, leur réalisation ne présente pas de grandes difficultés. Je suis particulièrement impatiente de savoir ce que vous penserez des beignes de Noël (p. 59), de la crème pâtissière au chocolat (p. 87), de la mousse aux fraises (p. 89), des sorbets (p. 99 à 102), des biscuits au beurre de soya (p. 138) et des truffes glacées (p. 145). Sans parler des autres!
Parce qu’il n’y a rien de tel qu’une image pour faire saliver et donner le goût d’enfiler un tablier, j’ai pris l’initiative de publier sur le site Web http://www.dejouerlesallergies.com des photos maison de mes desserts et gourmandises. J’espère que vous viendrez y jeter un coup d’œil! Peut-être même aurez-vous le goût de m’y laisser un message (mais gentil, hein…)?
Je reviens, en terminant, sur l’aveu fait au début de ce texte. S’il est vrai que je n’étais que mollement intéressée par la cuisine avant l’arrivée de mon petit bonhomme, ce n’est, bien sûr, plus le cas maintenant. Et vous? Vous sentez-vous un peu désemparé à l’idée de préparer un plat à partir d’ingrédients non transformés? À l’ère des mets surgelés et de la bouffe-minute, rien de plus naturel! Mais la cuisine, c’est comme la bicyclette (et tout le reste!), cela s’apprend. Et cela peut même être fort agréable. Bon, d’accord, sans doute pas tous les jours. Mais il y a des moments de grâce : le gâteau que les convives dévorent avec plaisir sans même se douter qu’il ne contient ni produits laitiers ni œufs, la préparation en famille de beignes maison à l’approche de Noël, les yeux brillants d’un enfant allergique aux œufs qui déguste sa première crêpe… Ce sont ces moments-là que je vous souhaite, le plus souvent possible.
Joyeuse cuisine!
Marie-Josée Bettez
info@dejouerlesallergies.com