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À bout de souffle?

Prenez-vous soin d’un membre de votre famille atteint d’une maladie chronique? Êtes-vous dépressif? Ressentez-vous de la colère ou un sentiment de culpabilité? Votre santé s’est-elle détériorée depuis que cette responsabilité vous incombe?

Si vous avez répondu par l’affirmative à ces questions, il se pourrait, d’après cet article de CNN, que vous souffriez du « syndrome de l’aidant naturel ».

Poule-par-terre-et-poussins.jpgCe syndrome, bien réel même s’il n’a pas encore été validé par la littérature médicale, se manifeste par un état d’épuisement mental et physique. Les symptômes psychologiques les plus fréquents sont la dépression, l’anxiété et la colère. Sur le plan physique, un niveau de stress élevé et prolongé peut affaiblir le système immunitaire de l’aidant naturel et l’exposer à une kyrielle de maladies.

Par honte, lassitude ou parce que la gravité de leur état leur échappe, plusieurs aidants naturels attendent d’être au bout du rouleau pour demander de l’aide. Ce problème affecte surtout les femmes, beaucoup plus nombreuses que les hommes à jouer le rôle d’aidant naturel et également plus susceptibles de s’oublier et d’outrepasser leurs propres limites.

Et les allergies alimentaires là-dedans?

Être parent d’un enfant souffrant d’une allergie alimentaire est très exigeant. La marge d’erreur est faible et la vigilance doit être constante. Certaines circonstances peuvent alourdir encore cette responsabilité : allergies alimentaires multiples, présence d’autres problèmes de santé chez l’enfant (asthme, par exemple), manque de collaboration du conjoint, rejet de l’entourage, etc.

Un pédiatre-allergiste me confiait récemment qu’il rencontre régulièrement, dans le cadre de sa pratique, des parents d’enfants allergiques en proie à une réelle détresse psychologique. Doit-on vraiment s’en étonner?

J’ai toujours dit et écrit qu’il est possible de mener une vie familiale équilibrée et une vie sociale « normale » en dépit des allergies alimentaires. Je le crois profondément parce que c’est ma réalité et celle de ma famille. Mais déjouer les allergies alimentaires, jour après jour, demande du temps, de l’énergie, de l’organisation et de la créativité. Il m’est arrivé (comme à vous sans doute) d’être essoufflée et de trébucher un peu. C’est normal, c’est humain.

Pour éviter de craquer pour de vrai, il est primordial de ne pas s’isoler. Trouvez quelqu’un à qui vous confier, demandez de l’aide à votre famille, restez en contact avec vos meilleurs amis. Profitez des ressources existantes : groupes de soutien, associations, sites Web (comme le mien ;-)), etc. Accordez-vous régulièrement des moments (même brefs) de répit pour vous ressourcer, vous faire plaisir, pratiquer un sport… ou pour dormir!

Et si vous reconnaissez en vous les manifestations du « syndrome de l’aidant naturel » décrites plus haut, n’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé (médecin, psychologue).

Faites aussi attention à vous, d’accord?

Auteure: Marie-Josée Bettez
Date: août 2007


À propos de l'auteure :
Marie-Josée Bettez est avocate, entrepreneure et, surtout, mère d'un enfant allergique à de multiples aliments. Elle a signé deux ouvrages sur les allergies alimentaires, donné plusieurs ateliers et conférences sur le sujet en plus de s'impliquer auprès de diverses organisations oeuvrant dans ce domaine.

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