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Ce que vous devez savoir sur l’allergie au lait ou à l’œuf

Mon fils n’avait que cinq mois lorsque son allergie aux produits laitiers a été diagnostiquée. L’allergologue que nous avions alors consulté s’était montré rassurant. Dans la très grande majorité des cas, l’allergie au lait disparaît avant l’âge de trois ans nous avait-il expliqué. Nous pouvions donc nous attendre à ce que tout rentre dans l’ordre avant que notre petit bonhomme soit d’âge scolaire. Des assurances similaires nous ont été données, quelques mois plus tard, lorsqu’un test sanguin a confirmé une allergie à l'œuf.

Verre-lait-(125x175).jpgNeuf ans plus tard, mon fils est toujours, sinon plus, allergique à ces deux aliments. Et d’après l’allergologue qui le suit maintenant, son cas n’a rien d’unique. Elle a en effet constaté que, pour un nombre grandissant de ses jeunes patients, l’allergie au lait, en particulier, persiste bien après l’âge de cinq ans.

Deux études publiées dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology en novembre et en décembre 2007 confirment ce constat. Des équipes de chercheurs du Johns Hopkins Children’s Center dirigées par l’allergologue américain réputé, Dr Robert Wood, ont suivi, pendant 13 ans, plus de 800 enfants allergiques aux produits laitiers et près de 900 allergiques aux œufs. Leur conclusion? La proportion des enfants qui perdent leur allergie à l’un ou l’autre de ces aliments est moindre que ce que l’on croyait jusque-là. De plus, ceux qui s’en débarrassent le font plus tard qu’avant.

Des chiffres révélateurs

Voici quelques-uns des points saillants de ces études :

  • Parmi le groupe des enfants allergiques au lait, 19% avaient perdu l’allergie avant l’âge de quatre ans, 42 % avant huit ans et 79% avant seize ans. oeufs-(175x150).jpg
  • Dans le cas des œufs, le pronostic est moins bon encore : 4% des enfants allergique à cet aliment s’étaient débarrassés de l’allergie avant l’âge de quatre ans, 37 % avant dix ans et 68 % avant 16 ans.
  • Le taux d’anticorps dans le sang d’un enfant allergique au lait ou à l’œuf permet de prédire de façon fiable l’évolution de l’allergie. Plus ce taux est élevé, moins il y de chances que l’allergie disparaisse.
  • Il n’y a pas de limites d’âge pour se débarrasser de l’allergie. Certains patients ont perdu celle-ci alors qu’ils étaient adolescents, chose que l’on ne croyait pas possible auparavant.
  • Une lueur d'espoir

    Dr Wood note que les allergies alimentaires ont évolué pour le pire au cours des 20 dernières années. Il ne peut toutefois expliquer ce phénomène. Ce qui est certain, c’est que le pronostic, dans le cas d’une allergie au lait ou à l’œuf, est moins bon qu’on ne le pensait.

    Pour les parents d’enfants allergiques un peu plus vieux, ces études sont tout de même source d’espoir puisqu’elles démontrent qu’il est possible de perdre l’allergie même à l’adolescence. Une excellente raison de demander à l’allergologue de poursuivre les tests jusqu’à l’âge adulte.


    Auteure: Marie-Josée Bettez
    Date: 2007


    À propos de l'auteure :
    Marie-Josée Bettez est avocate, entrepreneure et, surtout, mère d'un enfant allergique à de multiples aliments. Elle a signé deux ouvrages sur les allergies alimentaires et donne régulièrement des ateliers et conférences sur le sujet en plus de s'impliquer auprès de diverses organisations oeuvrant dans ce domaine.


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