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Voyager sans perdre le nord (première partie)

Planification, planification, planification… on n’y coupe pas! Lorsqu’un membre de la famille souffre d’allergies alimentaires, il est essentiel de bien préparer les vacances pour en profiter pleinement et éviter petites et grosses catastrophes.

Je vous ai demandé, il y a quelques semaines, quels étaient vos trucs et stratégies pour voyager avec un minimum de risques et un maximum de plaisir en dépit des allergies alimentaires.

Boussole-(280x165).jpgCette question a généré plusieurs commentaires très inspirants de voyageuses aguerries. Merci à Nathalie, Isabelle, Alexandra, Sonia, Chantal, Martine, Céline, Pascale, Valérie, Nadine (ce n’était peut-être pas le but, mais l’épisode des œufs qu’elle relate m’a bien fait rire!), Christelle, Julie A., Julie B., Lise, Lynne et Christine qui ont pris le temps de faire part de leurs expériences. Comme le souligne Christine, ces récits donnent vraiment le goût de s’évader!

Comme promis, voici une synthèse de toutes ces bonnes idées. J’y ai ajouté mes propres trucs ainsi que le fruit de mes recherches sur le sujet.

En voiture!

Comme plusieurs lectrices l’ont souligné, la façon la plus simple de voyager avec un enfant allergique est de le faire en voiture et d’apporter suffisamment de repas froids pour tout le voyage. Prévoyez aussi plus de collations et de boissons rafraîchissantes (eau, jus de fruits, etc.) qu’il n’en faut. Il vous sera ainsi plus facile de faire face aux imprévus (problèmes mécaniques, bouchons de circulation, etc.).

Faites en sorte que la nourriture demeure à une température adéquate en la conservant dans une glacière. Une suggestion de Martine pour les longs déplacements : utilisez une glacière électrique qui se branche dans l’allume cigarette de la voiture.

Pour certains, le véhicule est bien plus qu’un moyen de transport. C’est le cas d’Alexandra et aussi celui d’Isabelle qui ne jure que par son « camping-car » Westfalia. « Peu importe la situation, écrit-elle, j’ai toujours un lunch au frigo, une cuisinière avec chaudrons sécuritaires pour la cuisson, tous mes ustensiles et ma vaisselle. Ce n’est pas très luxueux mais c’est très rassurant. » Effectivement, il est difficile d’être plus autonome!

Vous prenez l’avion?

L’idée même de prendre l’avion fait frissonner bien des personnes aux prises avec des allergies alimentaires. C’est compréhensible. Encore là, une bonne planification est essentielle pour réduire les risques de réaction en vol.

Signe-arachides-140x120.jpgD’une compagnie aérienne à l’autre, la politique relative aux allergies alimentaires varie. Ainsi, certains transporteurs offrent (encore!) des arachides aux passagers. Parmi ceux qui ne les ont pas bannies, quelques-uns font preuve de souplesse et peuvent offrir une autre collation si on leur en fait la demande. Mais tous ne sont pas aussi accommodants. En outre, aucune compagnie aérienne ne peut garantir un vol absolument sans arachide puisqu’il est possible que des passagers en apportent à bord.

La première chose à faire est donc de communiquer avec le transporteur afin d’obtenir des informations sur la politique applicable en cette matière et sur les accommodements possibles. Demandez qu’on vous envoie copie de la politique en question par courriel ou par télécopieur.

Prenez les arrangements nécessaires avec la compagnie aérienne lors de la réservation des billets (il vaut mieux conserver une copie de vos échanges s’ils se font par écrit). Le jour même du départ, lors de l’enregistrement puis de l’embarquement, rappelez qu’il y aura à bord une personne allergique et insistez de nouveau sur les mesures qui doivent être prises à cet égard.

Dans l’avion, ce peut être une bonne idée de mettre une certaine distance entre la personne allergique (surtout si c’est un jeune enfant) et les autres passagers. Vous pourriez, par exemple, installer l’enfant près d’une fenêtre ou l’asseoir entre deux membres de la famille. Ainsi, Julie A., grande voyageuse et mère d’un petit garçon multi allergique, réserve, chaque fois qu’elle le peut, son siège ainsi que ceux de son conjoint et de ses deux enfants dans la même rangée avec le moins de voisins possible.

Certains enfants allergiques particulièrement sensibles peuvent réagir aux résidus qui se trouvent sur les sièges. Si c’est le cas de votre petit, nettoyez les accoudoirs avec une serviette humide puis couvrez le siège avec une serviette de plage avant d’y installer votre enfant (il existe même des housses conçues spécifiquement pour recouvrir les sièges d’avion). Mettez également un napperon sur sa petite table avant d’y poser des aliments. Toutes ces précautions pourraient vous valoir des regards désapprobateurs de certains passagers. Tant pis! Je vous invite à relire à ce propos mon texte Un handicap invisible.

Avion-(280x165).jpgPlusieurs compagnies aériennes offrent des repas spéciaux lorsqu’on leur en fait la demande à l’avance. Il est toutefois beaucoup moins risqué d’apporter à bord le repas de la personne allergique. C’est la solution privilégiée par Alexandra et Julie A. Cette dernière note : « J'ai définitivement abandonné toute discussion de repas avec les compagnies aériennes. Même si l'on vous promet un repas sans allergènes, il y a tellement de facteurs qui peuvent influencer la présence ou non dudit repas lors du voyage, surtout lors de long vol ou si vous avez plusieurs escales. Rien de plus frustrant que de se retrouver avec rien du tout pour un vol de 12 heures. »

Petit conseil : parce qu’il n’est pas toujours évident de faire réchauffer des plats à l’aéroport (sans parler de l’avion!), il vaut mieux prévoir des repas froids.

Si vous décidez d’apporter repas et collations à bord de l’avion, prenez connaissance des règles de sécurité applicables. Ainsi, des restrictions s’appliquent en ce qui a trait à la nourriture, aux gels et aux liquides (lecture obligatoire pour les voyageurs canadiens : la liste, établie par l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) , des objets permis et interdits dans les bagages de cabine et les bagages enregistrés). Vous noterez en consultant cette liste que les pochettes réfrigérantes sont assujetties aux restrictions relatives aux liquides. Un truc de l’ACSTA pour conserver au froid vos aliments : mettez dans la boîte à lunch un sac de légumes solides congelés (par exemple, des pois).

N’oubliez pas d’inclure dans vos bagages à main au moins deux auto-injecteurs d’adrénaline ainsi que les autres médicaments prescrits (anti-histaminique, bronchodilatateur, etc.). Apportez une copie des prescriptions ainsi qu’une note du médecin confirmant les allergies alimentaires et les précautions à prendre (voir à cet égard le modèle de lettre bilingue à faire compléter par un médecin qu'a mis en ligne l'Association québécoise des allergies alimentaires). Ces documents pourraient faciliter votre passage au contrôle de sécurité de l’aéroport.


Note : le texte qui précède est le premier d'une série de deux articles consacrés aux voyages. Il est question, dans la seconde partie de ce dossier, du passage à la douane, de l’hébergement (appartements, maisons, chalets, hôtels et camping) ainsi que des croisières. C'est à lire ici.


Auteure: Marie-Josée Bettez
Date: juin 2008


À propos de l'auteure :
Marie-Josée Bettez est avocate, entrepreneure et mère d'un enfant allergique à de multiples aliments. Elle a signé deux ouvrages sur les allergies alimentaires et donne régulièrement des ateliers et conférences sur le sujet en plus de s'impliquer auprès de diverses organisations oeuvrant dans ce domaine.


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