Planification, planification, planification… on n’y coupe pas! Lorsqu’un membre de la famille souffre d’allergies alimentaires, il est essentiel de bien préparer les vacances pour en profiter pleinement et éviter petites et grosses catastrophes.
Dans la première partie de ce dossier sur les voyages, j’ai abordé les déplacements en voiture et en avion. Dans cette seconde partie, je m’attarde au passage à la douane, à l’hébergement (appartements, maisons, chalets, hôtels et camping) ainsi qu’aux croisières. J’ai intégré à ce texte plusieurs trucs transmis par des lectrices, mères d’enfants allergiques et voyageuses expérimentées (vous pouvez lire leurs commentaires ici).

Vous planifiez un voyage à l’étranger? Avant de préparer glacière(s) et boîtes de nourriture, assurez-vous de vous conformer aux exigences du service des douanes du pays visité.
Par exemple, les Etats-Unis limitent ou interdisent l'entrée de plusieurs aliments. Un lien utile suggéré par Lise : cette page tirée du site des douanes américaines (U.S. Customs and Border Protection) qui précise les aliments faisant l'objet d'une restriction ou d'une interdiction.
Avant même la naissance de notre fils, mon amoureux et moi préférions louer un appartement ou une chambre avec cuisinette lorsque nous étions en déplacement à l’étranger. C’est beaucoup moins coûteux que l’hôtel, cela assure une grande autonomie et permet d’éviter les « ghettos » réservés aux touristes. J’ai de très jolis souvenirs d’un voyage que nous avons effectué il y a quelques années à Paris. Tout à côté du charmant petit appartement que nous avions loué, il y avait un marché à ciel ouvert où nous faisions chaque jour provision d’aliments frais. Nous avions l’impression de participer vraiment à la vie de quartier et d’accéder à un Paris plus authentique que celui des circuits touristiques.
La naissance de notre fils a bien sûr cristallisé ces bonnes habitudes. Nous partirons bientôt pour Boston où nous avons loué un appartement tout équipé en plein cœur de la ville. Nous ferons ensuite notre pèlerinage annuel à la mer où nous attend un chalet dans lequel nous avons résidé plusieurs fois au cours des dernières années. Le bonheur!
De nombreuses familles aux prises avec des allergies alimentaires voyagent de cette façon, un peu partout à travers le monde. Comme le souligne Julie A. : « …le mieux c'est de trouver un appartement, chalet ou maison de vacances avec cuisine. C'est vrai que je cuisine toujours mais au moins c'est bon et sécuritaire. » Les familles de Christelle et de Christine s’organisent même pour partager l’hébergement avec une autre famille comptant également un enfant souffrant d’allergies alimentaires. « Les deux familles se partagent la corvée des repas et de la vaisselle ce qui rend la tâche moins lourde » note Christine.
Le camping est une autre option que choisissent plusieurs familles qui doivent composer avec des allergies alimentaires. Les avantages de cette solution sont indéniables : autonomie parfaite à l’heure des repas et coûts très abordables.
Lise, campeuse enthousiaste, explique que sa famille a tout d’abord opté pour le camping en raison des allergies alimentaires d’un de ses enfants. « Ensuite, nous avons découvert à l’usage tout le plaisir de la vie en plein air.»
En camping, il est plus difficile de laver à fond la vaisselle. Pour éviter qu’il y ait contamination du repas, mieux vaut donc se limiter à des aliments qui conviennent à toute la famille.
D’autre part, faites attention à la grille du barbecue mis à la disposition des campeurs. Il est certain qu’il s’y trouve des résidus de nourriture. S’il vous faut absolument l’utiliser pour cuisiner, enveloppez au préalable vos aliments dans une feuille d’aluminium afin d’éviter qu’ils soient en contact direct avec la grille. L’idéal, bien sûr, est d’apporter votre propre réchaud à gaz.
Un dernier conseil inspiré de mon expérience personnelle : mettez à l’abri (par exemple dans le coffre de votre voiture) tous vos aliments pendant la nuit ou lorsque vous quittez le terrain de camping. Les animaux sauvages (entre autres les ratons laveurs et les ours) ont l’odorat fin et peuvent saccager un coin cuisine en moins de deux!
Faire une croisière lorsqu’on souffre d’allergies alimentaires, c’est possible? Absolument, selon Pascale. En janvier 2008, celle-ci a voyagé à bord d’un bateau de la ligne italienne Costa avec son fils allergique aux arachides et aux noix. Une expérience mémorable. « Vraiment un voyage de rêve à faire et à refaire, raconte-t-elle. Ils sont tout à fait conscients de l'importance des allergies, et il y a une grande section de la cuisine qui est strictement réservée à la préparation des aliments pour les différentes allergies. Je vous le recommande vivement! »
On ne se le cachera pas : pour les personnes allergiques, manger à bord d’un navire de croisière n’est quand même pas anodin. En cas de réaction, l’hôpital est loin! Il faut reconnaître également que les risques varient selon le profil allergique. Éviter les arachides et les noix est une chose mais qu'en est-il de ceux et de celles qui souffrent d’allergies multiples ou d’allergie à un aliment de base (comme l’œuf ou le lait de vache)?
Avant de réserver une croisière, posez des questions:
Sur le navire, évitez les buffets. Prenez plutôt vos repas à la salle à manger principale. Attirez l’attention du maître d’hôtel, de votre serveur et du chef sur vos restrictions alimentaires et ce, deux fois plutôt qu’une. Ne tenez rien pour acquis. N’oubliez pas d’inclure dans vos bagages plusieurs auto-injecteurs d’adrénaline ainsi que les autres médicaments prescrits (anti-histaminique, bronchodilatateur, etc.).
Dans un texte publié ce mois-ci, Jenny Reed, propriétaire d’une agence de voyage aux États-Unis, mentionne que plusieurs compagnies font des efforts afin de répondre aux exigences de leur clientèle allergique. Parmi celles-ci : Carnival Cruise Line, Celebrity Cruises, Royal Caribbean, Holland America, Princess Cruises et Disney Cruise Line. L’article de madame Reed est plein de conseils avisés pour les personnes souffrant d’allergies alimentaires qui envisagent de faire une croisière. Si l’anglais n’est pas un obstacle pour vous, je vous invite à le lire.
Note : le texte qui précède est le deuxième d’une série de deux articles sur les voyages (pour lire la première partie, cliquez ici).
Auteure: Marie-Josée Bettez
Date: juillet 2008
À propos de l'auteure :
Marie-Josée Bettez est avocate, entrepreneure et mère d'un enfant allergique à de multiples aliments. Elle a signé deux ouvrages sur les allergies alimentaires et donne régulièrement des ateliers et conférences sur le sujet en plus de s'impliquer auprès de diverses organisations oeuvrant dans ce domaine.
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