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Vaccination : la suite

Parce qu'il contient des protéines d'œuf, le vaccin contre la grippe A(H1N1) est, en principe, contre-indiqué en cas d'allergie à cet aliment. Pourtant, au cours des derniers jours, des centaines de jeunes Québécois allergiques à l’œuf (parmi lesquels mon fils) ont été vaccinés dans le cadre d'un protocole de recherche visant à démontrer que les risques de réactions sont en réalité très faibles.

Ces jours-ci, l’Hôpital Sainte-Justine ressemble au plateau de tournage d’un film « catastrophe » vaguement futuriste.

H1N1-(250x190).jpgDès l’entrée, les usagers sont accueillis par un barrage de trois employées munies de pompes remplies d’une substance destinée à désinfecter les mains. Si le nouveau venu a quelque symptôme grippal, on lui remet d’emblée un masque qu’il doit porter durant toute sa visite à l’hôpital. Dans les corridors, les personnes masquées sont, de fait, nombreuses. Deux ascenseurs leur sont même réservés. De temps à autre, une voix retransmise par l’interphone presse les employés de l’hôpital de se rendre au 9e étage pour se faire vacciner.

Vous voyez un peu le climat?

Remarquez, je ne doute pas que toutes ces précautions soient nécessaires. Il reste qu’elles alimentent une certaine psychose collective. On ne se touche plus, on ouvre les portes avec le pied ou l’avant-bras, on se lave les mains 25 fois par jour et, dans les salles d’attente, on interdit à nos enfants de manipuler jouets, livres et crayons de cire…

Vaccination sous haute surveillance

Nous étions donc à la clinique d’allergie de l’Hôpital Sainte-Justine mercredi dernier pour faire vacciner notre fils Christophe contre la grippe A(H1N1). Comme je l’ai déjà expliqué dans ce texte, nous craignions ce vaccin puisque Christophe est très allergique à trois de ses composantes : œuf, poulet et poisson.

C’était la deuxième journée d’activité pour cette clinique de vaccination réservée aux enfants allergiques à l’œuf et la routine était visiblement déjà bien établie.

À l’arrivée, nous avons complété un questionnaire concernant l’historique clinique d’allergie à l’œuf de notre fils. L’allergologue a ensuite procédé à son examen physique de façon sommaire (observation de sa peau, auscultation pulmonaire, etc.). Parce que ses derniers tests remontaient à plus de six mois, il a subi un test cutané d’allergie à l’œuf. Des prélèvements ont également été faits pour un test sanguin.

Tout juste avant l’administration du vaccin, une infirmière a pris la pression de mon petit bonhomme. Le vaccin lui a été administré en une seule dose (chez les patients à risque accru, c’est-à-dire ceux qui ont déjà eu des réactions allergiques à l’œuf avec symptômes respiratoires ou cardiaques, l’administration du vaccin se fait en deux doses). La vaccination a été suivie d’une période d’observation de 60 minutes puis d’un nouvel examen physique sommaire.

Résultat? Tout comme les enfants allergiques vaccinés la veille et le jour même à l’Hôpital Sainte-Justine, mon fils n’a eu aucune réaction allergique. Ouf!

Protocole de recherche

Christophe a été vacciné dans le cadre d’un protocole de recherche visant à évaluer le risque de réaction allergique suite à la vaccination contre la grippe des enfants allergiques à l’œuf. En plus de l’Hôpital Sainte-Justine, trois autres centres hospitaliers québécois (l’Hôpital pour enfants de Montréal , le Centre hospitalier de l’Université Laval de Québec et le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke) participent actuellement à ce projet.

L’étude entreprise devrait permettre de confirmer que le vaccin peut être administré en toute sécurité aux personnes allergiques à l’œuf. On veut ainsi s’assurer que les patients (enfants et adultes) vivant dans des régions où il n’y a pas d’allergologues puissent tout de même être vaccinés sous la supervision de médecins pédiatres ou omnipraticiens.

Le protocole de vaccination des personnes allergiques à l’œuf devrait être complété au cours du mois de novembre 2009. C’est à suivre.

En terminant…

S’il n’a subi aucune réaction allergique suite à la vaccination contre la grippe A(H1N1), Christophe a néanmoins ressenti des effets secondaires plus marqués que lors de l’administration des autres vaccins reçus depuis son tout jeune âge : mal de tête prolongé et assez intense, manque d’énergie et douleurs au bras dans lequel l’injection a été faite. Une infirmière de l’Hôpital Sainte-Justine m’a confirmé que plusieurs enfants réagissent ainsi (certains enfants font également de la fièvre).

Dans le cas de mon fils, tout est rentré dans l’ordre le surlendemain de la vaccination. Rien de bien grave, donc, mais mieux vaut quand même être averti.

Comme toujours, je suis intéressée par vos commentaires et par tout élément d’information additionnel que vous possédez sur le sujet. Je vous invite en outre à participer au sondage qui se trouve sur la page d’accueil du site (« Avez-vous l’intention de vous faire vacciner et de faire vacciner vos enfants contre la grippe A(H1N1)? »).

Auteure: Marie-Josée Bettez
Date: novembre 2009


À propos de l'auteure :
Marie-Josée Bettez est avocate, entrepreneure et mère d'un enfant allergique à de multiples aliments. Elle a signé deux ouvrages sur les allergies alimentaires et donne régulièrement des ateliers et conférences sur le sujet en plus de s'impliquer auprès de diverses organisations oeuvrant dans ce domaine.


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