Février 2010 – Vous souvenez-vous qu’en avril dernier, je vous avais signalé qu’une équipe de chercheurs de l’Université Duke (États-Unis) avait réussi à désensibiliser des enfants souffrant d’allergie à l’arachide de telle sorte que ceux-ci pouvaient tolérer des doses de l’allergène beaucoup plus élevées qu’auparavant? (Sinon, ce n’est pas grave, vous pouvez lire le texte ici.)
Bonne nouvelle : une équipe de médecins anglais appartenant à l’hôpital Addenbrooke (rattaché à l’Université Cambridge) et dirigée par Dr Andrew Clark est parvenue à un résultat similaire avec un échantillonnage de 23 enfants allergiques âgés de 7 à 17 ans.
Pour commencer, une dose minime de farine d’arachide (mélangée à du yaourt) a été donnée aux jeunes patients. À toutes les deux semaines, on augmentait la dose jusqu’à obtenir l’équivalent de cinq arachides par jour (certains enfants en sont même venus à consommer plus de 30 arachides quotidiennement). La majorité des enfants ont ressenti des symptômes lors de l’augmentation de la dose (picotements dans la bouche, maux de ventre) mais ces malaises ne se sont manifestés que pendant les six premiers mois de l’étude.
Après six mois de traitement, 19 des 23 enfants semblent bel et bien avoir été désensibilisés à l’arachide. Pour maintenir cette tolérance nouvellement acquise, il leur faut cependant consommer l’allergène à tous les jours. En outre, ils doivent s’abstenir de pratiquer une activité physique au cours de l’heure qui suit l’ingestion de l’allergène (l’exercice augmente les risques de réaction).
Forte de ces résultats quand même prometteurs, l’équipe du Dr Clark entreprend maintenant une nouvelle étude d’une durée de trois ans à laquelle participeront 104 enfants. On espère ainsi démontrer que la désensibilisation fonctionne vraiment et qu’elle est sécuritaire. On souhaite également trouver un moyen de conserver la tolérance sans qu’il soit nécessaire de consommer l’allergène quotidiennement.
Il va sans dire (mais mieux vaut le répéter) qu’il ne faut pas tenter pareille désensibilisation chez soi. Les doses initiales employées dans le cadre de pareilles études sont infinitésimales et ne peuvent être obtenues qu’en laboratoire. Sans compter que même à des doses aussi faibles, des réactions allergiques peuvent se produire et nécessiter une intervention médicale d’urgence.
Pour en savoir plus sur ces nouveaux développements :