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Une de moins!

La provocation alimentaire, vous connaissez? Il s’agit d’un test effectué sous supervision médicale au cours duquel un patient consomme des doses progressives d’un aliment afin de déterminer s’il y est allergique. Stressant? Certainement. Mais l’épreuve en vaut parfois la peine.

doigt-155x237.jpgCela fait douze ans que nous fréquentons le bureau de notre allergologue. Nous nous y sommes rendus si souvent depuis la naissance de Christophe que j’ai perdu le compte des visites. Nous connaissons par leurs petits noms les infirmières, la diététiste, la réceptionniste. Les termes « tests cutanés », « tests sanguins » et « provocation alimentaire » font maintenant partie de notre vocabulaire. Nous sommes des habitués, sinon des vétérans.

Gérer les émotions


À chaque nouveau rendez-vous, mon état d’esprit est le même. Dotée d’un naturel optimiste, je n’ai pourtant, en cette matière, aucune attente et n’entretiens aucun espoir. Je refuse de rêver parce que le réveil est trop souvent brutal. Et puis, le statu quo ne me fait pas peur. En dépit du nombre élevé d’allergies alimentaires de mon fils, nous menons une vie familiale agréable et aussi peu limitative que possible. Peu importe les résultats des tests, nous continuerons.

Bien sûr, lorsque l’allergologue annonce que mon fils a développé une nouvelle allergie, j’ai un petit moment (excusable) de déprime. Il ne dure jamais longtemps. Après tout, bien que mon grand garçon soit allergique à plus de 25 aliments ou catégories d’aliments (chez nous, les noix comptent pour une seule allergie…), il peut consommer sans problème plus de 100 aliments. Cela assure une certaine variété dans l’assiette, disons!

Quelquefois, une provocation alimentaire confirme la disparition d’une allergie. C’est chaque fois magique et, chaque fois, l’occasion de célébrer. Alors qu’il était encore d’âge préscolaire, Christophe a ainsi perdu plusieurs allergies : carotte, persil, riz, orge, etc. Au fil des années, toutefois, les bonnes nouvelles de ce genre sont devenues de plus en plus rares. En 2006 (mon fils avait alors huit ans), l’allergologue a suggéré de prendre une pause, jugeant inutile de poursuivre les tests à cette fréquence. Nous étions d’accord.

Retour à la clinique


La pause, qui a duré un peu plus de trois ans, a pris fin il y a quelques mois. Nous avons alors repris le chemin de la clinique d’allergie pour de nouveaux tests cutanés et sanguins. Christophe avait onze ans.

Les résultats obtenus ont confirmé la persistance de la plupart de ses allergies. Mais, surprise, surprise, ils ont également révélé une apparente nouvelle tolérance à certains allergènes. Tolérance qu’il allait falloir faire confirmer par des provocations alimentaires.

Christophe, qui a maintenant douze ans, a subi le premier de ces tests cette semaine. Nous avons débuté par le thon. Christophe y avait réagi de façon non équivoque alors qu’il n’était encore qu’un bébé et l’allergie avait été confirmée, année après année, par des tests cutanés et sanguins.

Si vous ou votre enfant avez déjà subi une provocation alimentaire, vous n’ignorez rien du stress que peut générer une telle expérience. Même si la décision d’aller de l’avant est mûrement réfléchie, même si vous vous fiez totalement au jugement de votre allergologue, il reste que le processus n’est pas sans risque (comme le confirme d’ailleurs la formule de consentement qu’on vous fait signer avant le test).

Dans notre cas, ce qui simplifie grandement les choses, c’est que Christophe est systématiquement enthousiaste à l’idée d’un test de provocation. Il s’abandonne complètement à la joie de goûter à un nouvel aliment, sans arrière-pensée. Heureuse nature!

Les faits lui donnent, plus souvent qu’autrement, raison. Et c’est de nouveau ce qui s’est produit cette semaine : il a englouti une boîte de 120 g de thon blanc sans aucune réaction! Miracle!

Des raisons de célébrer


Pour nous, c’est une très grande nouvelle, pour plus d’une raison.

D’abord, il s’agit du premier poisson que Christophe peut consommer. À nous les bons petits plats plein d’oméga-3!

Ensuite, cela démontre de façon concrète qu’il est possible de perdre une allergie alimentaire bien après la petite enfance. D’ailleurs, alors même que Christophe dégustait son thon sous supervision médicale, un garçon de neuf ans subissait avec succès une provocation à l’arachide. Encourageant, non?

Remarquez que tout cela ne modifiera pas mon comportement lors des prochains rendez-vous chez l’allergologue : esprit positif mais attitude « zen ». Avec les années, on apprend à se protéger.

N’empêche, qu’en fin de semaine, nous allons célébrer ce nouveau bonheur deux fois plutôt qu’une. Les croquettes de thon maison sont au menu. On va se régaler!

Auteure: Marie-Josée Bettez
Date: juillet 2010


À propos de l'auteure :
Marie-Josée Bettez est avocate, entrepreneure et mère d'un enfant allergique à de multiples aliments. Elle a signé deux ouvrages sur les allergies alimentaires et donne régulièrement des ateliers et conférences sur le sujet en plus de s'impliquer auprès de diverses organisations œuvrant dans ce domaine.


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